Friday, 29 March 2013

RDC : L’OCTROI D’UN CRÉDIT À LA BANQUE ? UN PARI DIFFICILE


Par Ricky Matanda


RDC : L’OCTROI D’UN CRÉDIT  À LA BANQUE ? UN PARI DIFFICILE


  « Quand deux éléphants se battent  c’est l’herbe qui est écrasée, quand ils font l’amour elle n’est pas moins ». C’est  cet état d’esprit que ressent  le client congolais face à sa banque. Générateur des moyens financiers  nécessaires  à la création des PME et des grandes entreprises, les banques commerciales constituent sans doute l’élément phare qui alimente la croissance économique.  En outre,  le secteur privé via ses emprunts aux opérateurs économiques ou à ses clients à titre privé. En effet, celles-ci appliquent essentiellement leur taux d’intérêt au regard du taux directeur de la Banque Centrale, qui est en soi une institution étatique.


Fort d’une amélioration du cadre macroéconomique,  la Banque Centrale dit avoir sensiblement baissé son taux directeur de 4% à 3 %  le 28 Février 2013. Notons que ce taux directeur se situait à 70% en 2009. Cette mesure  de réajustement à en croire le gouverneur de la Banque Centrale monsieur Jean-Claude Masangu Mulongo vise à  pousser les banques commerciales (Biac, Rawbank, Ecobank etc.) à baisser le taux d’intérêt appliqué à leurs clients.

À priori, le but de cet article est de dessiner un portrait général du  système d’octroi de crédits et enfin de proposer des solutions. Sujet d’une importance capitale pour une RDC émergente  et une création des grands industriels congolais.  Afin d’amorcer ma démarche, une simplification de nature élémentaire des termes techniques s’avère  préalablement nécessaire pour une compréhension facile du texte.


BANQUE CENTRALE

Qu’est-ce qu’une Banque Centrale? Le lexique Banque Info définit une Banque Centrale tel que suit :

«  La banque centrale est l’entité responsable de la gestion du système monétaire d’un pays. Les banques centrales ont de nombreuses responsabilités, qui vont de gestion de la politique monétaire à la mise en place d’objectifs spécifiques tels que la stabilité de la monnaie, une inflation modérée ou le plein-emploi. Les banques centrales émettent généralement les devises, fonctionnement comme la banque du gouvernement régulent le système de crédit via le taux directeurs. Elles supervisent également les banques commerciales, gèrent les réserves de change et agissent comme des prêteurs en dernier ressort. »  


BANQUE COMMERCIALE

Qu’est-ce qu’une Banque Commerciale? Le lexique Banque Info le définit comme suit :

« Une banque commerciale est une banque en lien direct avec les particuliers. Elle collecte leur épargne et gère leur dépôt. Ces banques peuvent être nationales ou internationales. Pour attirer les clients, dans un premier temps, elles offrent une rémunération de l’épargne pour inciter les épargnants à déposer un montant important. Elles prêtent aussi aux acteurs économiques qui en ont besoin. Des prêts sont ainsi accordés aux particuliers, à des taux variables selon le risque du client.»

 Convenons que les banques commerciales interagissent par influence du  taux directeur  fixé par la banque Centrale.


TAUX DIRECTEUR

La Banque Centrale du Congo (BCC)  enregistre  son taux directeur  le plus bas de l’histoire soit  3% seulement.

Qu’est-ce qu’un Taux Directeur ?

« Les Taux directeurs sont les taux d’intérêt fixés par une Banque centrale (d’un pays ou d’une union monétaire), taux auxquels cette banque centrale accorde des crédits à court terme aux banques commerciales. »


PARADOXE

Tout compte fait, ce qui motive cet acte soucieux  de la BCC en faveur des banques commerciales est primordialement son souci majeur,  à ce que les banques commerciales octroient par ricochet des crédits à des taux d’intérêts  plus ou moins raisonnables.  Mais cette disposition semble d’application pratique difficile.  Par ailleurs, avec un taux d’intérêt à hauteur de 25% pour des crédits octroyés en franc congolais et 15% pour des crédits libellés en dollars américains les banques commerciales sont loin de suivre l’évolution de la baisse sensible du taux directeur de la BCC. Celles-ci évoquent plusieurs facteurs de risque à savoir :

  • 90 %  de dépôts bancaires sont à court terme
  • L’absence de garanties en cas du nom remboursement
  • L’absence d’un fond de couverture
  • Des impôts très élevés à l’état  

En clair, les banques commerciales  observent  des demandes de crédits très élevées, alors que les prêteurs ne disposent pas des ressources qui permettraient un remboursement sans faille. En conséquence, celles-ci misent sur des taux d’intérêts très élevés à court terme. Mesure dans son entendement  qui permettrait  à réduire le risque du non-remboursement.
Somme toute,  le gouvernement croit avoir fait le nécessaire pour un environnement sain du climat des affaires en RDC.  Ainsi donc, par l’entremise du premier  ministre et du gouverneur de la Banque Centrale.  Le premier  se félicite de l’adhésion de la RDC depuis le 12 Septembre. 2012 au système comptable de l’OHADA  (Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires)  structure qui permet  aux investisseurs et opérateurs économiques de disposer d’un même cadre légal et des mêmes instances d’arbitrage en cas de conflit. Le deuxième à son tour affirme  avoir posé un acte historique, en baissant le taux directeur au plus bas de son histoire.


 À cet égard,  soulignons objectivement, que  ces mesures sont des efforts fort  louables cependant elles demeurent insuffisantes. Primo, l’état via la BCC  doit forcer la main aux banques commerciales d’élargir l’échéance du crédit  bancaire. À titre d’exemple un opérateur économique qui œuvre dans le secteur de la construction est dans l’impossibilité de rembourser son prêt bancaire, 6 mois seulement après son endettement auprès de sa banque. Car  la construction étant encore au stade de sa planification sur papier et ne peut générer par conséquence aucune recette financière, idem pour l’opérateur minier.  Secundo, il est difficilement concevable de parler d’une amélioration du cadre macroéconomique lorsque le dollar américain bat son plein  et règne en maître sur l’économie congolaise,  une lutte acharnée contre la dollarisation s’avère préalablement prioritaire question de valoriser et stabiliser le franc congolais. Tertio, s’agissant de l’activité  informelle, celle-ci  demeure à mes yeux le chantier le plus poignant de l’économie congolaise. Ici,  l’état a fait chou blanc mettant  en place  des politiques de réinsertion  faibles.  Force est de constater que celles-ci ne font pas recette et nécessite par conséquent des assouplissements en outre  des offres plus flatteuses  afin d’attirer ces opérateurs dans la formalité. En revanche, je pèse de tout mon poids l’entrée en vigueur   de la bancarisation pour la paie des agents de la fonction publique, elle était nécessaire pour mettre fin à toute pratique malsaine. En conclusion, le problème du taux d’intérêt persiste considérablement depuis des années et aucune évolution vers la résolution du problème n’a été observée. L’état congolais doit répondre adéquatement à ce qui pose problème pour enfin observer une baisse sensible du taux d’intérêt des banques commerciales. Outre mesure, ignorant ce qui pose problème ne peut améliorer la situation. Et cela même si la BCC baisse son taux directeur à 0,1%, l’évolution du taux d'intérêt des banques commerciales ne suivra pas son cours et restera sans effet.










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